Hôtel Bohême

Rendez-vous de créateur - Paris

3 à 4 fois par an Hôtel Bohême réunit une sélection pointue de créateurs dans un lieu d’exception situé dans le 11e arrondissement de Paris.

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PORTRAIT – MONOCHROMATIQUES

--19 août 2016--

Profitons encore un peu de l’été en douceur, avec la découverte de Monochromatiques. Aux manettes de cette jeune marque créée en septembre 2015, il y a Isabelle Chen, céramiste et bijoutière. Dans l’atelier qu’elle partage avec une relieuse et une modéliste, le Studiolo, situé dans le 19ème arrondissement de Paris, Isabelle façonne chaque pièce à la main. À la plupart de ses réalisations s’ajoute du métal, qu’elle travaille également artisanalement.
Pour chacune de ses créations, Isabelle a choisi le blanc comme couleur dominante. Pour les possibilités infinies offertes par cette non-couleur, qui s’avère être extrêmement riche en aspects, comme en symboles.

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Sur Facebook et Instagram Isabelle aime bien partager et expliquer son travail… Les inspirations qui la mènent à la réalisation de telle ou telle pièce. Elle partage aussi certaines infos techniques, comme la réduction de la porcelaine après cuisson, ou des petits films où nous la voyons œuvrant à la réalisation d’un nouveau modèle.
Ce pour quoi nous avons choisi de vous présenter le travail d’Isabelle tient bien entendu de l’intérêt que nous avons pour ses créations, mais c’est aussi pour son humour décalé et la singularité de sa personnalité que nous avions envie de découvrir d’avantage.

Rencontre avec Isabelle dans l’atelier de Monochromatiques.

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Bonjour Isabelle et merci de nous accueillir. Comme nous ne te connaissons pas très bien nous allons pouvoir apprendre plein de choses sur toi ! 😉 Alors pour commencer peux-tu te présenter ?
Isabelle : Suite à une reconversion professionnelle, je suis devenue céramiste et bijoutière, et j’ai lancé en septembre 2015 ma propre collection de bijoux en porcelaine, une collection qui associe le travail de la céramique à celui du métal. Je crée aussi de petits objets de décoration, comme des vases ou des mobiles miniatures, toujours en porcelaine. C’est une terre que j’affectionne particulièrement, pour sa blancheur et sa translucidité, mais aussi parce que je la trouve plus fine et précise que le grès ou la faïence, ce qui se prête bien à la bijouterie.

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Toutes mes créations sont façonnées manuellement par mes soins, à partir de matières premières approvisionnées en France, et produites en petites séries. Si je devais qualifier ma démarche, je dirais qu’il s’agit d’un éloge de la lenteur !

Des origines asiatiques, anglaises, américaines pour être autant anglophone et connectée à Londres ?
Isabelle :
Ma famille vient de Hong Kong, mais même s’il s’agit d’une ancienne colonie britannique, je n’ai pas de connexion particulière avec la ville de Londres. Disons que c’est plutôt l’occasion qui a fait le larron! En avril dernier j’ai participé à The Independent Ceramic Market à Londres, et j’ai été surprise de voir combien les Anglais étaient sensibles et respectueux des créations exposées, par leurs connaissances mais aussi leur façon de regarder et manipuler les pièces. Les exposants étaient tous assez jeunes, et certains proposaient des céramiques complètement foutraques, détachées de toutes les conventions techniques et esthétiques qui font référence en France. Bref, c’était un moment riche en inspirations, qui m’a donné envie d’y retourner.
Plus généralement c’est assez essentiel pour moi de m’ouvrir aux publics anglophones, car la bijouterie en porcelaine reste un marché de niche qui ne peut se contenter du seul public français. Par conséquent, j’essaie aussi d’adapter ma communication selon mon lectorat : sur Instagram, j’écris essentiellement en anglais car la plupart des gens qui me suivent vivent à l’étranger, tandis que sur Facebook, je ne m’exprime qu’en français car tous mes abonnés vivent en France.

Comme tu nous le disais précédemment Monochromatiques est né suite à une reconversion professionnelle. Peux-tu nous expliquer ton parcours jusqu’à la création de ta marque ?
Isabelle : Il y a un peu plus de 10 ans, j’ai commencé à travailler dans le marché de l’art après un bac +5 en commerce et une licence de chinois. J’ai exercé dans une fondation, puis dans une galerie, où j’ai énormément appris en collaborant avec des artistes sur des projets parfois complètement fous… Comme je passais beaucoup de temps stressée devant un écran, j’ai vite ressenti le besoin de faire une activité manuelle, et j’ai commencé à suivre des cours de céramique, complétés par des stages auprès de différents céramistes, pendant 8 ans.
En 2014, j’ai décidé de changer de mode de vie (il y a un moment où le corps se met à parler à la place de la bouche) et d’avoir un rythme différent… Il faut croire que j’ai fait ma crise de la quarantaine avec dix ans d’avance, haha! J’ai alors quitté mon emploi, et j’ai passé un an à me perfectionner en céramique auprès de mon amie et mentor Nathalie Domingo à Sèvres.
En parallèle, j’ai suivi une formation auprès de la bijoutière Anne Couteau à Paris, pour apprendre à travailler le métal.

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Après avoir constitué une première collection regroupant une dizaine de pièces, j’ai fait le grand saut !

Est-ce que Monochromatiques est ton activité principale ?
Isabelle :
Alors non, je continue à travailler en indépendante dans l’art contemporain, que ce soit pour des galeries, des musées, des commissaires ou des artistes. Certaines missions exigent des déplacements et une disponibilité à temps plein, auquel cas je mets entre parenthèses ma vie de céramiste.

Comment fais-tu pour que les deux s’articulent ?
Isabelle : Sur des missions plus longues, j’essaie de m’organiser en consacrant mes matinées à mon travail de free-lance dans l’art, puis je file dès que possible à l’atelier pour confectionner les bijoux, et j’y reste généralement assez tard. Après dîner, je me remets sur l’ordinateur pour les activités liées à Monochromatiques : photos, mails, facturation, site web, etc. Cela peut paraître compliqué, mais c’est plutôt une question de discipline. Par contre, ce qui est beaucoup plus difficile à gérer, c’est de mobiliser correctement mon énergie entre les différentes activités : mes missions dans l’art sont toujours stressantes, tendues et souvent conflictuelles, tandis que le travail de la terre demande du calme, de l’introspection et de la patience. À chaque fois que je bascule de l’un à l’autre, il faut un temps d’adaptation…

Isabelle, pardon mais une question nous taraude : Comment arrives-tu à trouver ton épanouissement dans ton travail autour de l’art contemporain dans cette ambiance telle que tu la décris ?
Isabelle : C’est aussi une question que je me pose souvent, haha. Disons qu’il y a cet aspect assez ambivalent dans l’art contemporain, qui fournit énormément de satisfaction personnelle et de stimulation intellectuelle, mais qui est en même temps totalement ingrat! C’est un milieu où l’on ne s’ennuie jamais, ce qui est à la fois très excitant, mais aussi vraiment épuisant… Souvent, les gens s’imaginent que les travailleurs de l’art ne font que tapoter derrière leur Imac géant sur un bureau immaculé, en sirotant du champagne pendant les vernissages, alors que c’est en réalité un métier exigeant et rigoureux, où tu dois te surpasser en permanence et bosser sans compter tes heures… probablement comme pour tous les métiers de passion !

L’une de nos pièces chouchoutes est ta broche pop-corn. Est-ce que tu peux nous expliquer les différentes étapes qui te sont nécessaires à sa réalisation ?
Isabelle :
Il y a tout d’abord la réalisation d’un prototype en pâte à modeler. Il a fallu faire une dizaine d’essais, car il n’y a rien de plus informe qu’un pop-corn! Même s’il n’y en a pas deux identiques, ils sont toutefois immédiatement reconnaissables, et c’était un véritable défi de reproduire cette “forme nette qui n’a pas de forme nette”. Une fois le prototype réalisé, j’en tire un moule en plâtre, qui me permet par la suite de calibrer une quantité de porcelaine identique pour chaque pop-corn. J’y estampe la pâte au rouleau, puis je façonne chaque pièce à l’ébauchoir pour lui donner la forme ronde du pop-corn. J’insère ensuite une petite tige en métal réfractaire que j’ai limée, je termine les finitions, puis je fais cuire le tout à 1240°C.

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C’est une des rares pièces de ma collection que je n’émaille pas, car l’aspect du tesson de porcelaine est très proche de celui du pop-corn. Par contre, je passe au pinceau quelques filets de laque dorée à l’intérieur du pop-corn, que je fais recuire légèrement pour durcir la laque.

Est-ce que c’est ta mère, qui a travaillé dans la bijouterie, qui t’a transmis le goût pour ton métier ?
Isabelle : Pas du tout, ma mère m’a surtout transmis le goût pour la pâtisserie, hihi.
Je suis arrivée à la bijouterie par le biais de la sculpture, et c’est le manque de place pour travailler et stocker mes pièces qui m’a finalement amenée à créer selon une échelle réduite. La bijouterie permet de travailler de petites formes abstraites en les sacralisant, en leur donnant une valeur ou une signification que les pièces n’auraient pas si elles n’étaient pas portées. C’est d’ailleurs toujours assez émouvant de voir la quantité d’affect que les gens accordent à leurs bijoux, c’est quelque chose qui relève presque de la superstition ou de la pensée magique… Une alliance par exemple n’est rien d’autre qu’un cercle de métal, une forme banale et élémentaire, et pourtant elle incarne et signifie tellement de choses !

Pour ce qui est de la céramique, c’est surtout la satisfaction primitive de fabriquer un objet avec de la boue qui m’intéresse. Respecter le rythme de la porcelaine, apprendre à attendre, à casser, à être déçue, (à vouloir tout péter), à recommencer… C’est un véritable exercice de tempérance, et à une époque où tout va très vite, c’est vraiment ce qui me porte. L’ironie du destin, c’est que je suis horriblement maladroite, et en fait, l’éléphant dans le magasin de porcelaine, c’est moi. Je dois être un peu masochiste au fond.

Est-ce que tu as décidé de travailler dans cet atelier partagé pour bien faire une différence entre ta vie pro et perso, ou bien parce que ton travail t’impose des contraintes qui ne permettent pas de le faire à la maison ? Ou bien les deux ? 😉
Isabelle :
Avant de trouver mon atelier, j’ai travaillé la terre pendant presqu’un an dans mon studio, sur une table coincée entre mon lit et la kitchenette. Je traversais tout Paris pour faire cuire mes pièces encore crues et fragiles à Sèvres… Jusqu’au jour où j’ai fait tomber un pot de porcelaine liquide, qui a rebondi et repeint mon studio du sol au plafond, ce qui n’a pas manqué de provoquer une grosse dispute conjugale, haha… Ce jour-là, j’ai compris qu’il fallait que je trouve impérativement un atelier.
Avoir un espace dédié à la création permet de développer son activité sans entraves, dans le bon sens. Sans atelier, j’étais freinée par les conditions de travail et le manque d’équipement, chaque jour je perdais énormément de temps à tout mettre en place, puis à tout ranger et nettoyer… En plus, la céramique comme la bijouterie sont des activités qui génèrent énormément de poussières, dont certaines peuvent être toxiques. Mon chéri fume déjà suffisamment, je ne voulais pas lui imposer une nuisance supplémentaire 😀

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En novembre dernier tu as été sélectionnée pour les Grands Prix de la Création de la ville de Paris dans la catégorie Métiers d’Art. Tu peux nous dire en quoi ça consiste ? Comment ça s’est passé pour toi ? Quelle place as-tu obtenu au final ?
Isabelle : Les Grands Prix de la Création de la Ville de Paris sont organisés par les Ateliers de Paris, et ont lieu tous les ans à l’Hôtel de Ville. Ils récompensent un créateur dans des catégories distinctes en lui attribuant une bourse et un ensemble d’avantages. Je ne connaissais pas ce prix et n’en mesurais pas l’enjeu, c’est une amie qui m’a envoyé l’appel à candidature. J’ai postulé en dilettante genre 3 semaines après m’être lancée avec Monochromatiques… et contre toute attente, j’ai été sélectionnée. Avec le recul, je pense que mon projet était beaucoup trop jeune et manquait de préparation et de recul. Néanmoins ce fut une excellente expérience, cela m’a poussé à mettre des mots sur ma démarche, apprendre à défendre mon travail devant un public de professionnels et me confronter à leur regard. Au final, être sélectionnée parmi les huit finalistes de ma catégorie m’a confortée dans l’idée qu’il fallait persévérer dans ma voie.

Voici ce que nous avons reçu de ta part en janvier dernier lorsque les sélections pour Hôtel Bohême battaient leur plein : « Hôtel Bohême serait véritablement le tout premier salon parisien de ma carrière de céramiste. Je serais super honorée si je pouvais y participer ! ». Alors ? 😉 Qu’est-ce que tu peux nous dire après cette première expérience chez nous en mai dernier ?
Isabelle : Tout d’abord je voulais vous dire bravo pour la qualité de l’organisation du salon, l’avant comme l’après étaient très bien ficelés ! Ce fut une expérience très positive et constructive, même si la météo n’a pas joué en notre faveur. C’est toujours une épreuve de montrer son travail à un public qui ne vous connaît pas, mais les échanges avec les visiteurs étaient vraiment encourageants sur tous les plans. Aussi, j’ai été agréablement surprise par l’ambiance conviviale et bienveillante entre les exposants, Hôtel Bohême a été l’occasion de rencontrer des créateurs non seulement talentueux, mais aussi super sympas. J’ai hâte d’en retrouver certains aux prochaines éditions.

Contente de voir que nous avons répondu à tes attentes 😉 Est-ce que tu aurais maintenant une petite exclu ou des nouveautés à nous annoncer ici ?
Isabelle : Oui, je suis très heureuse de vous annoncer que j’ai été sélectionnée pour la Biennale de design Emergences à Pantin, en octobre. A cette occasion, je vais préparer des pièces uniques indépendantes de ma collection, des bijoux plus ouvragés et spectaculaires.

Et la suite de Monochromatiques comment l’envisages-tu ?
Isabelle : Mon projet est encore jeune, mais je sais déjà qu’il y a certaines voies vers lesquelles je ne souhaite pas le mener… Cela peut paraître contraignant, voire inefficace de tout fabriquer soi-même, mais mon plaisir réside principalement dans le travail minutieux de la terre. C’est long, laborieux et peu productif, mais j’assume et j’adore ça !

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Par exemple, on m’a suggéré de sous-traiter mes créations en collaborant avec des porcelainiers industriels pour augmenter ma productivité, mais bien que les manufactures fassent un excellent travail, je ne vois aucun intérêt à poursuivre Monochromatiques si le lien que j’entretiens avec la terre se rompt… Aujourd’hui, j’aimerais avant tout trouver un équilibre pour vivre de ma passion, continuer à créer de nouvelles pièces, et mener mon projet vers un modèle économique en adéquation avec des valeurs que je souhaite défendre. Je vais passer pour une hippie un peu naïve, mais croître et se développer indéfiniment, ce n’est pas ma vision des choses. Être heureuse de me lever le matin pour aller travailler et savoir pourquoi je le fais, oui.

Dans la vie il semblerait que tu t’intéresses beaucoup à l’art contemporain, à la littérature, aux chats… Tu nous en dis un peu plus sur ce qui t’inspire et te passionne en dehors de ton travail ?

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Isabelle : Ce qui influence le plus directement mes créations, c’est sans doute la musique, il m’est impossible de travailler dans le silence. Cela a un impact diffus dont je n’ai pas conscience sur le moment, mais qui aboutit certainement à un résultat tangible. Par exemple, je me suis rendue compte récemment que plusieurs de mes pièces se référaient à des paroles de Broadcast, mon groupe préféré, sans avoir pour autant cherché à m’en inspirer… Enfin, je ne sais pas si ma théorie tient debout, parce que j’écoute aussi pas mal de métal, et jusqu’ici mon travail est plus “white” que “black” !
Autrement, je m’intéresse effectivement beaucoup à l’art contemporain, c’est en partie une déformation professionnelle. Les œuvres d’artistes comme Vija Celmins, Hans Peter Feldman, Marcel Broodthaers ou Agnes Martin n’ont peut-être pas directement une influence sur mon travail, mais conditionnent certainement ma perception du monde.

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Je voue aussi une énorme admiration pour Rei Kawakubo, la créatrice de Comme des garçons, que je considère plus comme une sculptrice qu’une styliste. Elle a une vision de la mode complètement libérée des définitions traditionnelles de la beauté, de la féminité, ou du bon goût.

Comme nous le disions en introduction nous aimons beaucoup ton humour décalé que nous avons découvert par le biais de ton travail mais aussi sur ton compte Instagram. C’est quoi ton arme à toi pour rendre la vie moins ennuyeuse ?

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Photos extraites du compte Instagram de Monochromatiques

Isabelle : Haha, ta question est vraiment flatteuse, parce que dans la vie de tous les jours, c’est plutôt le flop systématique sur ce plan là… Je fais partie de ces gens qui sont incapables de raconter une blague sans bafouiller ou sans en oublier la fin, ou qui rient quand il ne faut surtout pas rire. Du coup, je me dis souvent que mes idées sont à côté de la plaque… Par exemple, un jour j’ai eu envie de réaliser une broche en forme de cerveau. En le modelant petit à petit, le cerveau s’est finalement transformé en intestins terminés par un anus. Là, je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir un psychanalyste, et surtout, je me suis demandée “Mais qui va porter cette broche à part moi ?!”.

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Finalement je l’ai quand même intégrée à ma collection (même pas peur), et à ma grande surprise, c’est une des pièces que les gens préfèrent! Je trouve ça tellement incroyable qu’à chaque fois qu’un(e) client(e) m’achète cette broche, je suis persuadée qu’on a une sorte de connexion spirituelle, et j’ai tout de suite envie de devenir sa copine.

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Tu as toujours vécu en région parisienne. Où peut-on te trouver quand tu ne travailles pas ?
Isabelle : Dans une expo, ou sur un tapis de yoga à essayer de toucher mes pieds en vain (mes bras sont trop courts). Autrement, j’adore aller prendre un verre ou grignoter à la cantine du BHV, c’est un des rares endroits à Paris où on peut se poser sans musique de fond ni télé, et la vue est superbe. J’aime bien son ambiance “maison de retraite” avec son mobilier de réfectoire, c’est un endroit débarrassé d’artifices qui est assez propice au recueillement. Il faut juste éviter d’y aller à midi pile, c’est le rush.

Est-ce qu’il y a quelque chose que nous n’avons pas évoqué ici et dont tu souhaiterais nous parler ?
Isabelle : On me demande souvent quelle est la différence entre la céramique et la porcelaine. Alors, la céramique, c’est un terme global pour désigner l’art des terres cuites. Le terme regroupe donc différentes terres :
– l’argile qui cuit à basse température (la faïence),
– le grès et la porcelaine, qui cuisent tous deux à haute température (plus de 1200°C).
Voilà !

Ton mot de la fin ?
Isabelle :
On se revoit à l’édition de décembre !

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Photos : Juliette Beaupin
Interview : Mélanie Brument