Hôtel Bohême

Rendez-vous de créateur - Paris

3 à 4 fois par an Hôtel Bohême réunit une sélection pointue de créateurs dans un lieu d’exception situé dans le 11e arrondissement de Paris.

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Portrait – Christelle DIT Christensen

--17 janvier 2016--

Partis depuis quelques temps voir un peu ailleurs ce qu’il s’y passe, les portraits d’Hôtel Bohême sont de retour en Ile de France ! 😉 Aujourd’hui nous allons à la rencontre de Christelle. Que vous connaissez peut-être mieux sous le nom de sa marque : Christelle DIT Christensen. Nous avions envie d’en savoir un peu plus sur cette créatrice qui s’est d’abord créé un solide réseau de points de vente, avant de participer à Hôtel Bohême en octobre 2014. Ce fût sa toute première expo, 7 ans après ses débuts de créatrice. Alors que souvent les créateurs ont la démarche inverse : d’abord les salons de créateurs, ensuite la diffusion en boutique.

Après être passée par différents supports de création comme des sacs en tissu Liberty en 2007, puis à partir de 2009 des bijoux mêlant laiton doré à l’or fin et porcelaine, cuir, bois, tissu, Christelle confectionne à présent des bijoux en laiton, dorés à l’or fin, auxquels se mêlent des petits pompons tous entièrement réalisés à la main dans l’atelier de la créatrice. C’est à Bagnolet que Christelle a installé son atelier où les pompons, et autres bijoux font bon ménage avec les membres de sa famille.

Rencontre.

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Christelle bonjour et merci de nous accueillir. Alors pour commencer, peux-tu nous dire d’où vient ton nom de marque stp ? (on commence par cette question Christelle, parce qu’elle nous intrigue et qu’à chaque fois que nous te voyons nous oublions de te la poser. Donc cette fois ça sera la première ! 😉 )
Christelle :
Bonjour les filles et bienvenue dans  ma maison-Atelier ! Ce nom de marque intrigue beaucoup, mais vous allez être très déçues, il n’y a pas de grande histoire derrière ce nom, pas d’amour secret pour la Scandinavie, ni d’origine Danoise chez mes ancêtres, non. Christelle est mon vrai prénom et DIT Christensen, est une moitié du nom de famille d’une amie très proche avec qui j’ai fait mes études d’archi ! C’est un choix purement esthétique, j’aimais ces sonorités redondantes entre mon prénom et son nom.

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Après une formation d’architecte, puis avoir travaillé dans le graphisme (tu as notamment collaboré avec les Musées nationaux pour qui tu dessinais les objets des boutiques du musée Picasso ou du Grand Palais) peux-tu nous dire en quoi tes études et tes expériences professionnelles t’ont aidées ou inspirées pour la création de ta marque ?
Christelle : J’ai passé un bac Arts Appliqués (Design, Graphisme, Architecture…) puis 6 ans à l’école d’Architecture de Paris-Belleville, pour finalement revenir vers le graphisme spécialisé dans le milieu culturel. En fait tous les domaines des Arts Appliqués m’attirent et m’attisent toujours autant, si je pouvais je travaillerais encore en graphisme ou en Archi mais il a fallu faire un choix ! Les études d’Architecture sont une merveilleuse formation, tous ce que j’ai pu y apprendre, notamment sur le développement d’un projet. La façon de structurer sa pensée pour concevoir un bâtiment avec toutes les contraintes techniques mais aussi esthétiques afin de répondre à une demande, me servent encore aujourd’hui dans  mon travail de créatrice de bijoux. Dans une moindre mesure, certes et à une autre échelle, mais la rigueur est restée.

plan-archi-halles*Un des plans réalisés par Christelle, pour le forum des Halles.

outils* Un atelier tiré au cordeau ! 😉

Quant à mes collaborations avec les Musées Nationaux, cela m’a permis de peaufiner ma façon de concevoir un produit destiné à la vente et à une clientèle précise, il y a des stratégies marketing derrière chaque objet dessiné. J’ai adoré travailler avec la RMN (Réunion des Musées Nationaux), les projets étaient tous plus intéressants les uns que les autres, chaque fois qu’ils me confiaient un projet j’étais euphorique ! Mon travail consistait à concevoir des objets en lien avec une exposition à venir, j’y ai découvert le travail de nombreux artistes qui m’étaient totalement inconnus ! Et puis quelle respiration après l’Architecture où il faut souvent attendre plusieurs années avant de voir un bâtiment dessiné sortir de terre, avec les Musées, en quelques mois j’avais les objets entre les mains.

As-tu suivi un cours de bijouterie ? Parce que l’archi et le graphisme c’est bien, mais c’est quand même un tout petit peu éloigné des techniques de la bijouterie, non ? 😉
Christelle : Avec le bijou fantaisie on est tout de suite dans le concret, j’ai appris sur le tas en manipulant, je savais dessiner et j’ai acquis m’a dextérité en Archi en faisant des maquettes par centaines !

Christelle, quand on sait que sur un bijou comme celui ci-dessous tout est entièrement fait à la main, peux-tu nous dire combien de temps est nécessaire à sa réalisation et quelles sont les différentes étapes par lesquelles tu passes jusqu’à la version finale ?

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Christelle : Le modèle ISIS n°13 est une des pièces les plus fastidieuses. La réalisation des pompons est bien sûr la partie la plus longue. Nous fabriquons chaque pompon à la main, ceux en fil doré sont les plus laborieux, car le fil s’emmêle très rapidement, il est donc plus difficile de les insérer dans leur embout. Chaque collier ISIS peut prendre jusqu’à 1 heure de montage.

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Aujourd’hui tu as une quarantaine de points de vente en France mais aussi au Japon, en Suisse, en Belgique et en Espagne. Tes bijoux étant entièrement réalisés à la main, nous imaginons qu’à un moment donné tu ne peux pas tout faire absolument toute seule. Alors est-ce qu’il y a des parties que tu sous-traites ? Des personnes qui t’aident à la réalisation de tes bijoux ? Ou pour la communication ou d’autres domaines essentiels à la bonne conduite d’un projet comme le tien ?
Christelle 
: J’ai la chance d’avoir toujours eu un bon réseau de boutiques avec lesquelles je travaille depuis plusieurs années. En septembre dernier j’ai participé pour la 1ère fois à Bijorhca, j’y ai consolidé mes partenariats avec mes points de ventes mais aussi démarré des collaborations avec de nouvelles boutiques  notamment à l’étranger. Depuis Septembre, Géraldine m’a rejoint, sans elle, il est évident qu’il aurait été très compliqué de tenir les délais de livraison. Géraldine s’occupe de toute l’interface avec notre doreur à Paris, mais aussi du montage des chaines et d’une partie des pompons.

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Moi je m’occupe de tout le tissage des bracelets, des bagues, des plumes pour les collections DEBRA et VASSIA, des pompons des collections OUREA, de la communication ainsi que de l’identité visuelle de la marque, je fais encore tous les catalogues et les photos moi-même mais parce que j’adore ça !

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Comme beaucoup de créateurs vivant à Paris et sa proche banlieue, tu as installé ton atelier dans ton lieu de vie. Ce n’est pas trop difficile de faire la séparation entre la vie perso et la vie pro dans ce cas ? Surtout quand on sait que ta maison est parfois occupée par trois enfants ! 😉
Christelle : Mon atelier est à la maison ou plutôt ma maison est à l’atelier ! Ma famille a peut-être un peu l’impression d’habiter dans mon espace en fait ! C’est sûr à la maison tout le monde vit, mange, dort « Christelle DIT Christensen ».  Nous sommes une famille recomposée, j’ai un fils, Vassili qui aura bientôt 3 ans et 2 beaux-fils : Sacha (13 ans) qui habite avec nous et Arman (8 ans) qui nous rejoint un week-end sur deux et une partie des vacances. Que des mecs, qui vivent au milieu des bijoux !

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Il est vrai qu’il est très compliqué de scinder ma vie perso et ma vie pro, surtout que l’atelier est dans notre pièce de vie. Mais c’est un vrai choix, non pas par dépit mais parce que je suis une vraie solitaire et une casanière. Je ne suis nulle part aussi bien que chez moi ! J’ai la chance d’habiter un grand appart avec un jardin (qui devient aussi mon extension d’atelier dès le printemps).
Et puis quel gain de temps ! Pas de trajet, je peux m’y mettre dès le réveil ! Lorsqu’on sait que je travaille 10 à 12 heures par jour, je suis réellement à la demie-heure près…

Comment fais-tu pour que l’un ne déborde pas trop sur l’autre par exemple ?
Christelle :
Avec les enfants, ça ne peut pas déborder, lorsque je vais chercher mon fils à 18h30 jusqu’à ce qu’il soit couché à 21h00, il est impossible de travailler, ce temps est consacré à la famille, ça ne peut pas en être autrement, et heureusement. Mais dès que tous les enfants sont couchés je m’y remets.

Une journée de travail chez Christelle DIT Christensen ça donne quoi ?
Christelle : Ca peut en décourager plus d’un, mais je me lève vers 8h30, à 9h00 je suis devant l’ordi, je gère les mails, l’administratif, les commandes fournisseurs… puis de 11h00 à 18h00 je suis en production non-stop, et comme je vous le disais bien souvent je m’y remets de 21h00 à minuit. Ce sont des journées très denses, un rythme un peu fou, mais la marque est en pleine ascension, je ne peux pas me relâcher maintenant !

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Est-ce que tu as des petites manies, des petits rituels de travail ?
Christelle : Oui un rituel essentiel, c’est celui qui fait que j’arrive à tenir mes délais de production : tous les soirs je me prends 1 heure dans le jardin avant de me coucher (été comme hiver) et je fais mon rétro-planning à l’heure près de la production pour les 7 jours suivants, ça donne des carnets un peu dingues avec des emplois du temps hyper serrés, mais devant la quantité de travail à fournir c’est le seul moyen pour que je me couche l’esprit tranquille en sachant que « c’est bon je suis dans les temps sur le planning de la semaine ».

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Je suis aussi une vrai accro au coca, c’est au-delà  du rituel, c’est une réelle addiction, je ne peux pas travailler sans un verre de coca à côté ! Tous ceux qui m’ont déjà croisé à Hôtel Bohême le savent !

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Est-ce que tu as une petite exclu ou des nouveautés à nous révéler ici ?
Christelle : Je viens de dessiner pour la première fois mes modèles que je vais faire découper en Italie, nous venons de recevoir les prototypes, cette nouvelle gamme m’éloigne un peu des pompons, mais je crois avoir réussi à garder l’image de la marque… Et puis une partie des collections sera également proposée en argent cette saison.

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bijoux-ChristelleDITChristensen3*Crédit photo : Christelle DIT Christensen

Comment envisages-tu l’avenir de ta marque ?
Christelle : Radieux. En tout cas je crois mettre en œuvre tout ce qu’il faut pour que la marque se développe encore. Je peux me planter comme tout le monde, je ne suis pas à l’abri, il y a toujours certains paramètres que l’on ne maitrise pas mais je suis une bosseuse endurcie et je crois dans ce veille adage « tout travail mérite récompense ». Plus concrètement, mon objectif sur 12 à 18 mois est de pouvoir déléguer une plus grosse partie de la production, l’arrivée de Géraldine me soulage déjà beaucoup, mais j’ai besoin de lever un peu le pied. Nous avons presque doublé notre volume de commande l’année dernière, j’espère pouvoir en dire autant dans 1 an.

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Forte de tes quelques années d’expérience, qu’aurais-tu comme conseil à donner à ceux qui souhaitent se lancer dans la création et plus encore pour durer ?
Christelle : En 7 ans, la marque a connu des petits moments de gloire mais aussi des moments plus compliqués, il me parait indispensable de savoir rebondir, et de se renouveler pour durer dans le temps, je ne pense pas que l’on puisse rester sur ses acquis, la remise en question me parait essentielle pour évoluer. Une très bonne organisation est aussi importante, se fixer des objectifs sur les 6 à 12 mois à venir permet aussi de mettre des actions en place pour atteindre ces buts, on a tellement la tête enfouie dans la production qu’il faut garder en tête des projets à plus long terme pour ne pas s’enliser je crois. Je suis également une grande insatisfaite, cela peut être un grand défaut mais dans mon travail c’est plutôt utile, cela m’oblige à viser toujours plus loin et mieux.

D’après toi c’est quoi les avantages d’être son propre chef ?
Christelle : La liberté, de décision, d’action et d’organisation!

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Et les inconvénients ?
Christelle : Cette liberté de décider peut donner un peu le vertige, on est seule face à la responsabilité de ses décisions. C’est parfois un peu lourd à porter. Lors des grandes réussites ont peut être fière de soi mais lorsqu’on se plante il faut en assumer les conséquences, tout en trouvant les ressources nécessaires pour rebondir.

À travers les différents portraits que nous proposons nous cherchons à faire mieux comprendre qui sont ceux que l’on appelle depuis quelques années maintenant des « créateurs ».
Quelle réponse donnerais-tu, toi qui es créatrice ?

Christelle 
: Bien que je retire une certaine fierté à faire partie de ceux que l’on appelle « créateurs », j’ai le sentiment que cette appellation est un peu le côté « paillettes »  de notre métier. Si je dois consacrer 20% de mon temps à la création, le reste de mon travail est tout sauf créatif. Etre « créateur » est à mon sens, plus lié à la taille de notre entreprise (nous travaillons souvent seul), à nos moyens de production (petites à moyennes productions), et sûrement aussi à l’image de notre marque et de nos produits avec souvent une identité forte et bien reconnaissable.

Comme nous le disions en introduction tu as choisi Hôtel Bohême pour ta première expo de créateurs en octobre 2014. Cela faisait déjà de nombreuses années que ta marque existait et que tu participais déjà à des salons professionnels. Pourquoi avoir choisi de mener ton parcours dans ce sens ?
Christelle : Je ne suis pas une téméraire, tous les risques sont calculés avant que je me lance dans un projet. Être en face de ses clients pour moi ça n’était pas un exercice dans lequel je me sentais très à l’aise. Lorsque j’ai démarré il y a 7 ans, j’ai eu la chance d’avoir très rapidement des articles dans la presse, je n’avais pas besoin de démarcher, les boutiques venaient à moi, je ne ressentais donc pas le besoin d’aller vers elles, ou de chercher de nouveaux clients à travers des salons ou des expos de créateurs. Il y a un peu plus d’un an, j’ai participé pour la première fois à Hôtel Bohême, et Il y a 4 mois j’ai fait mon 1er Salon pro : Bijorhca. Il m’a fallu tout ce temps pour me sentir prête. J’ai tout fait à l’envers !

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Qu’est-ce que tes différentes participations à Hôtel Bohême t’apportent ?
Christelle : La rencontre avec d’autres créatrices, et ça fait du bien lorsque l’on travaille en autarcie. Certaines sont devenues de vraies amies. Pouvoir échanger avec elles me fait progresser, me permet de relativiser aussi, nous sommes toutes avec des problématiques similaires, nous connaissons parfois les mêmes petites embuches qui lorsque l’on est seule peuvent paraître insurmontables. En discuter avec les copines créatrices permet souvent de trouver des solutions ou de se rendre compte que ça n’est pas si grave ! Être face à ses clients est également un énorme accélérateur pour la réflexion autour des créations. Je vois tout de suite les pièces qui plaisent ou pas, et pourquoi certaines se vendent mieux, les clients n’ont pas de filtres, ils sont capables de dire clairement sans détour, pourquoi tel collier les séduit et un autre pas du tout, c’est une mine d’or pour ajuster les futurs collections. Et quel bonheur de voir que certaines clientes fidèles reviennent à chaque vente…

Pour te connaître un peu mieux passons maintenant à des questions un peu plus perso. Pourrais-tu nous dire par exemple ce qui nourrit ton inspiration ?
Christelle : Les bijoux sont tous élaborés dans un souci de rapport de forme et de couleur, de pleins et de vides, du brillant qu’apporte le laiton doré juxtaposé au rendu mat des fils de coton ou des plumes, j’essaye de trouver un équilibre entre tout ça.

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Lorsque je suis vraiment en manque d’inspiration, je m’inspire plus des tendances colorées du design ou de la déco que de celles de la mode.

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Le choix des coloris reste toujours le point de départ d’une nouvelle collection.

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Est-ce que tu es née à Paris ?
Christelle : Je suis née à Paris, mes parents aussi, avec l’arrivée de mon fils nous sommes donc une famille de Parisiens sur trois générations !  Il y a quelques années j’ai eu envie de m’en éloigner, de m’aérer, le rythme de la vie Parisienne et la promiscuité me pesait, le climat aussi, finalement j’ai rencontré Vladimir (mon mari) et je suis restée. En fait il me manquait juste un petit coin de verdure ! Depuis que j’ai un jardin et une famille, cette idée de partir ma quittée.

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Quelles sont tes adresses fétiches à Paris ?
Christelle : La cité universitaire. Je n’y vais plus très souvent mais ce lieu est incroyable, j’adore m’y promener, il y a toute une partie de l’histoire de l’architecture dans cette cité !

cite-U*Crédit photo : Christelle DIT Christensen

Et puis en face il y a le parc Montsouris où j’ai tous mes souvenirs d’enfance, nous n’habitions pas loin avec mes parents et ma sœur, j’y allais en roller, à l’époque je n’avais pas peur des grandes descentes ! 

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Ton petit plaisir quand tu ne travailles pas ?
Christelle : Si je ne travaille pas c’est que je suis malade ! Sinon je suis une réelle adapte de la sieste, une vrai compétitrice, mais elles se font trop rares ces derniers temps, j’essaye d’en faire en même temps que mon fils le week-end, sauf lorsque je suis à Hôtel Bohême !

Ton mot de la fin ?
Christelle :
Mon mot de la fin sera pour vous : un grand MERCI à toutes les deux, pour votre travail autour d’Hôtel Bohême et à très vite !

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PHOTOS : Juliette Beaupin
INTERVIEW : Mélanie Brument