Hôtel Bohême

Rendez-vous de créateur - Paris

3 à 4 fois par an Hôtel Bohême réunit une sélection pointue de créateurs dans un lieu d’exception situé dans le 11e arrondissement de Paris.

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Portrait Born to be wild

--4 décembre 2020--

Ceux qui nous suivent le savent, cela fait plusieurs années qu’Hôtel Bohême a ouvert sa programmation à la gastronomie et aux petits producteurs. Avec notre salon de thé, ou en invitant des producteurs de tisanes, de confitures, ou bien encore des marques liées aux soins du corps, sans oublier des artisans du végétal, ayant tous une démarche en accord avec notre ligne : éthique, locale, en petite production, et parfois bio. C’est dans cette logique que nous vous présentons le travail d’Uyen, paysanne-cueilleuse, qui officie sous le nom de Born to Be wild, notre deuxième coup de cœur 2020. N’allez pas chercher un lien avec Bruce Springsteen, car c’est bien le côté sauvage de la chose (Born to be Wild = Né pour être sauvage) qui importe ici. Fondée en 2018 en Dordogne, Born to be Wild est plus qu’une marque de bâtonnets glacés et d’infusions bio (ce qui est déjà pas mal !), composées de feuilles et fleurs entières, qui permettent de garder un maximum les arômes et surtout les bienfaits des plantes, plutôt que lorsque celles-ci sont broyées. Avec le temps, c’est devenu une philosophie de vie à part entière pour Uyen sa créatrice.

Pour cela, elle a dû opérer un virage à 360°C après dix années en tant que juriste en droit de l’environnement à Bruxelles et une première grossesse où elle a découvert les plantes médicinales, pour revenir à quelque chose de plus essentiel et qui se passe sur le terrain, au contact de la terre. À savoir : créer une exploitation de plantes aromatiques, médicinales et comestibles, cultivées selon les principes de la permaculture.
Tout ne s’est naturellement pas fait en un jour, Uyen s’est d’abord formée pendant une année auprès de différents producteurs français, comme au Jardin du Cantaure, en Corrèze, où elle a appris la cueillette et le bouturage.
Une fois les bases acquises, elle a planté sur les parcelles inexploitées du domaine viticole de son mari (culture en bio et biodynamie) : Château Combrillac, et cueilli, toujours avec parcimonie, ce qui allait composer sa petite production que nous évoquions plus haut.
Mais le temps passant et à force de travailler sur la même terre, Uyen et Florent ont décidé de former un vrai un tandem paysan.ne où les plantations d’Uyen peuvent agir comme traitement de la vigne. L’objectif étant que leur propriété devienne un écosystème où leurs différentes activités interagissent et s’équilibrent. Ils envisagent même un projet de verger auquel ils travaillent dès à présent, où ils feront de la « permavigne ». Sur ce verger, laissé en jachère depuis des années, les vignes de Florent et les plantes aromatiques et médicinales d’Uyen seront implantées. La nouveauté (dans le domaine viticole surtout) étant que tout ce petit monde (arbres fruitiers, plantes et vignes) cohabite, se confonde et s’enrichisse.
Vivre à la campagne n’étant pas toujours facile socialement, Uyen et son mari essaient d’ouvrir leur domaine aux autres. Les deux initiatives les plus récentes étant Les déjeuners sauvages, où vous pouvez venir gouter la cuisine végétale d’Uyen. Le tout en accord avec les vins de Combrillac. Et en 2021 Uyen proposera des ateliers d’initiation à la cueillette et à la cuisine sauvage (les réservations sont d’ailleurs ouvertes pour les plus impatient.e.s ;)).

Autre point important : l’accueil régulier des enfants des alentours, qu’elle sensibilise à la nature par le biais notamment de sa forêt jardin. Forêt nourricière cultivée selon les principes de la permaculture ici aussi. Dans un futur proche Uyen y introduira même des espèces asiatiques, désormais tout à fait compatibles avec les sols de sa région d’adoption. Et la vietnamo-belge a encore plein d’idées pour la suite ! Comme la création d’une boisson fermentée dont elle fera un pétillant, ou réussir à produire une sauce soja artisanale. Pousser encore plus loin sa gamme Herbata, qui vise à appliquer le procédé de la confection du thé Oolong à des éléments naturels occidentaux (ronce, noisetier…). C’est aussi dans une optique de recherches et découvertes gustatives que le compte Instagram de Born to be Wild contient de plus en plus de photos soignées de ses recettes fortement inspirées de ses origines asiatiques et de recettes ancestrales (et de textes à l’humour bien senti), comme le Trà Atiso (thé d’artichaut), le gâteau de butternut à la purée de sésame noir et mélilot, le cheong coréen (coings fermentés au sucre) ou encore le Pourpier et chenopode lactofermentés à la sauce soja et piment. Miam ! Miam !
Vous l’aurez compris, Born to be Wild c’est tout une aventure emplie de sens, que nous avions envie de mettre en avant. Et quand on observe la situation actuelle, le mantra « reconnectons nous à la nature » qu’est celui de Born to be Wild doit résonner en beaucoup d’entre vous.

Pour finir, c’est bien la démarche globale d’Uyen et l’état d’esprit de Born to be Wild qui nous a séduit, mais nous devons jouer le jeu de la création coup de cœur 😉 Du coup on s’était dit que nous choisirions sans hésitation de réserver pour 6 personnes pour le prochain déjeuner Sauvage. Mais comme Noël approche, c’est sur l’infusion FIRGUN que notre choix va se porter. Vendue 14€ ICI.
Composée de Mélisse, Menthe poivrée, Citronnelle, Hysope, Fleurs de Sureau, Reine-des-Prés, Camomille Romaine, Rose de Provins. Chaque plante étant récoltée, triée etc à la main par Uyen. Tout un programme !

Pour suivre Born to be wild :
son site
Instagram

Texte : Mélanie Brument
Photos cueillette et fleurs des champs : crédit Ulrike-photographe

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